Revue d’idées et d’opinion

 
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numéro 0

Lecture

Benny Lévy et l’idée de l’Europe


Dans la Confusion des temps, Benny Lévy fait une proposition radicale : sortir de l’Europe, littéralement : se déprendre, se défier, mais aussi se désintoxiquer de l’Europe, de l’idée européenne. « Il faut vraiment se mé-fier, c’est-à-dire enlever toute fiance, toute confiance, toute adhérence, toute adhésion à tout imaginaire européen ; même si l’on reste en Europe, pour quelque temps- un temps qui, je pense, ne sera pas très long.[1] ».

Cela peut sembler une vue bien téméraire et volontairement désajustée, à une époque qui célèbre autour de l’idée européenne, le métissage, la « batardisation » des nations  (au sens où le bâtard a la santé plus vigoureuse que l’animal de race) et l’élaboration d’une charte des apaisements, ce qu’en politique on nomme le multiculturalisme ou le multilatéralisme.

Se déprendre de l’Europe, qu’est-ce que cela peut bien signifier ou peser, alors que peu ou prou tous les intellectuels européens se mesurent à cette aventure politique et culturelle formidable qui met fin au conflit des nations ennemies, mais entend également damer le pion au concurrent américain, accusé d’imposer de manière impériale son modèle de civilisation, ses intérêts, sa puissance technique et hollywoodienne ?


Comment bouder ce qui semble une idée nouvelle et exemplaire, cette idée européenne que des philosophes comme Yirmayahu Yovel voudraient au contraire ramener vers Israël. Car le judaïsme et l’Europe ont une longue histoire commune que ne périme pas la naissance d’Israël. Bien sûr, l’élimination par les nazis et les staliniens du yiddishland, quatre siècles après l’exil ou la conversion des Juifs hispano-portugais porte un rude coup aux espoirs d’émancipation et d’assimilation des Juifs européens. Et il n’est pas moins vrai qu’aujourd’hui, prenant prétexte de l’Intifada et des violences de Tsahal dans les territoires palestiniens, la gauche européenne (ou du moins sa frange la plus remuante et la plus internationaliste) remet en question la notion même d’Etat juif ou d’Etat pour les Juifs en s’appuyant malhonnêtement sur une critique juive du sionisme formulée avant la Shoah. On a même vu certains courants altermondialistes exalter un antisionisme virulent et hystérique proche des thèses islamistes.

En ce  sens là, bien sûr,  l’Europe avance sur un déni de la destinée et de la singularité juives. Benny Lévy pourrait simplement en prendre acte et nous inviter à une méfiance justifiée. Shmuel Trigano, dans un autre registre, se débat sur tous les fronts avec son observatoire du monde juif, comme Taguieff, Redeker ou d’autres le font contre la nouvelle judéophobie islamo-progressiste. On pourrait donc en rester là, à ce simple constat : L’Europe n’est pas guérie de ses préjugés antisémites. Mais Benny Lévy est un penseur trop radical, trop entier pour conditionner sa rupture avec l’Europe sur les inépuisables ressentiments contre les Juifs d’une opinion publique minoritaire et rejetée par les dirigeants européens.

Benny Lévy nous incite d’abord à nous déprendre de l’Europe en raison de la parenté inavouée, secrète, cachée mais décisive à bien des égards de la laïcité et du christianisme.[2] Or cette parenté semble un pur effet de style car l’Europe laïque occidentale nous est habituellement présentée comme la seule région du monde déshabitée par l’esprit religieux, le seul coin de l’Univers qui boude Dieu. Partout ailleurs comme le révèle une enquête récente du New York Times[3], le sentiment religieux croît. Au point qu’on peut se demander si la laïcité est encore utile dans l’exception européenne où Dieu est le grand absent. Or, Benny Lévy réfute cette vision. A ses yeux, la laïcité occidentale n’est qu’un christianisme déguisé. « La laïcité- c’est ce que j’ai voulu démontrer dans ce livre (BL parle du « Meurtre du Pasteur » c’est cette intrication entre le politique et le religieux chrétien[4]»

Geremek dans un article du Monde daté du 7 Décembre le rejoint sans malice en évoquant « l’avancement de l’esprit européen, dans la continuation de deux expériences communautaires du passé européen, de la chrétienté médiévale et de la république moderne des lettres ».

La laïcité européenne est un mouvement de repli, de déguisement du christianisme, probablement lié à l’offensive temporaire des idées nationalistes et socialistes. C’est parce que l’Europe est chrétienne, massivement chrétienne, au delà de ses divisions catholique et protestante que le principe de laïcité régit si adéquatement les affaires publiques. Au fond, le re-ligieux fait simplement retraite dans la sphère privée. Citoyen sans marque, à la spiritualité indistincte au cœur de l’agora républicaine, et fidèle ou non d’une Eglise dans l’intimité du privé : la partition du sujet est fixée. Or, cette laïcité (et j’ai eu l’occasion d’en souligner les limites dans mes réflexions sur la marranité) suppose la dissolution du religieux comme lien social (la religion qui re-lie) et la neutralité des croyances (ou des usages des Ecritures) sur le sujet politique. Une telle puissance de la laïcité n’est concevable, à la limite (et avec beaucoup de réserves…) que sur un socle religieux relativement uniforme, en tout cas, commun à la majorité des citoyens. Dès lors que les mouvements de populations migrantes affectent la démographie religieuse de l’Europe, la laïcité est à nouveau bancale et contestable. Au seul titre d’exemple, dans la croyance musulmane, la partition public-privé est symétriquement inverse de celle du christianisme moderne et la contrainte religieuse s’exerce prioritairement sur le sujet public, exposé au regard et au jugement des autres. On voit aussi, à un niveau macro-politique, tout l’embarras suscité par la question de l’admission de la Turquie ! Il n’est pas nécessaire d’y insister.

Donc, première proposition de B Lévy : Il faut se libérer de l’Europe, « il faut que l’Europe, comme étant cette conscience- là, imaginaire, nous déserte, qu’elle s’en aille de notre tête[5] ».

Deuxième proposition énoncée un peu plus loin, dans ces entretiens : Le Juif est l’être qui est dans l’impossibilité d’échapper à Dieu. Benny Lévy reprend ici la définition lévinassiennne de l’être juif (et du sujet) comme l’impossibilité d’échapper à Dieu.

Ces deux propositions, se libérer de l’Europe et l’impossibilité d’échapper à Dieu sont-elles liées de toute nécessité, inconditionnellement ? Si l’Europe est un Occident radical qui a étouffé la voix de la transcendance, qui se délecte de sa rationalité gréco-romaine et se satisfait à bon compte de son christianisme laïque, que pourrait encore y faire la sujet qui n’a pas renoncé à questionner Dieu, qui est dans l’impossibilité d’échapper à ce questionnement ?

Voilà sans doute le fond du dilemme posé par Benny Lévy. L’Europe et le judaïsme sont désormais étrangers, en rupture de ban. Celui qui reste en Europe devient forcément un marrane…On peut à son tour interpeller Benny Lévy : En quoi l’impossibilité d’échapper à Dieu et l’abandon de la conscience européenne sont-elles des attitudes proprement juives, en tant qu’attitudes congruentes, solidaires, insécables ? Benny Lévy a tout à fait le droit de choisir le retour au Talmud, à la leçon des vieux textes juifs qui, par leur épaisseur, leur densité, leurs arborescences, forment comme a dit Levinas un océan … C’est sans doute la voie la plus directe et radicale vers le judaïsme. Mais la question est la suivante : Pourquoi, en quoi, cette voie tourne nécessairement le dos à l’histoire européenne et plus largement occidentale[6] ?

On voit bien que d’autres minorités culturelles européennes, comme les musulmans, ayant des liens historiques complexes et souvent hostiles avec l’Europe et n’ayant pas moins que les Juifs un « noyau dur » religieux peuvent être tentés par le même largage des amarres européennes. De sorte que si l’on suit à la lettre le programme politique de Benny Lévy, l’idée européenne d’une confluence des cultures et des peuples est une imposture promise à l’échec. L’universalisme européen est un piège, une tentation des consciences endormies. Il faut penser la lecture de la tradition juive sur un mode intensif, débarrassé des objections philosophiques et alors peut-être, si Dieu le veut, la paix des nations sous la lumière de Sion viendra un jour par surcroît. Contrairement à tout le courant juif européen messianiste dont la figure clé est Walter Benjamin, Benny Lévy prêche le retour modeste mais exigeant du Juif dans sa maison d’études.

Par sa densité, sa polysémie, son foisonnement exégétique, la Bible semble répondre par elle-même. Nul besoin de se confronter à d’autres paroles, d’autres histoires, d’autres raisons. La Tora est suffisamment riche pour nourrir indéfiniment ses lecteurs. Le risque de l’orthodoxie n’est pas la bêtise ou l’ignorance, de cela nous pouvons tous convenir. Néanmoins, la Tora est une création désertique et non pas une création insulaire. Le papou ou l’habitant des îles Salomon, avant l’arrivée des bateaux peut douter qu’il existe quelque chose d’autre. L’Hébreu, lui, ne peut pas rester dans le désert, éternellement, car même sous la tente de la shekinah, il meurt de soif. L’Hébreu doit toujours traverser, (et donc être traversé), entre lumière solaire et lunaire, c’est-à-dire entre Egypte et Babylone, entre mer et désert, il n’est jamais seul, et c’est ce premier et fondamental aspect qui rompt avec l’unité génétique et insulaire du mythe. Le Talmud, le Midrash, la Kabbale, tout cela est déjà présent dans les premières lignes de la Tora, car c’est un Livre en marche. 

Sous cet angle, le Juif est tout à la fois le sujet qui est fondamentalement dans « l’impossibilité d’échapper à Dieu » et celui qui, précisément en raison de cette impossibilité, se met en marche vers les autres, à sa manière unique, sans conquête, sans mission, sans prosélytisme (Dieu sait si on lui tiendra grief de cette distance).

Si l’on suit Maimonide  dans sa conception du temps messianique comme le Temps où les Juifs peuvent étudier en paix sur leur terre, on voit bien le travail accompli et le travail qui reste à faire. Car le Monde ne paraît pas disposé à laisser étudier les Juifs en paix, pas même à les laisser vivre en paix. L’étude rejoint donc involontairement – car elle est située dans un autre temps, une autre pulsation d’être- les contraintes et les adversités du politique. Le beit ha-midrash ne peut parvenir tout seul à la paix.

Dans la traversée de l’Histoire, il y eut toujours des savants et des sages (citons ici Philon, Mendelssohn ou Hermann Cohen), qui éprouvèrent la nécessité d’ouvrir l’univers juif sur un monde plus vaste au risque d’exposer la Tradition à la contrariété d’une philosophie étrangère. La circoncision marquait l’alliance, l’esprit des générations, dans la chair et la découverte de la philosophie grecque instituait l’espace de l’objection infinie, de ce qui peut précisément et pour tous les humains fonder la possibilité d’échapper à Dieu. Mais c’est au prix de cette objection infinie, de cette confrontation âpre et tendue avec une rationalité qui lui est a priori hostile, que le judaïsme échappe aussi (pas seulement, bien sûr) à la clôture religieuse, à l’esprit de répétition et de mimétisme ou à la raideur théologique, toutes dispositions qui font mourir lentement mais sûrement la transcendance.

Et nous retrouvons par ce détour la question initiale :  Si la laïcité chrétienne féconde l’esprit européen et donc un certain type d’universel (on peut suivre ici Benny Lévy exécutant le concept de guerre des civilisations, puisqu’à ses yeux n’existe qu’une seule civilisation, l’Occident) qu’en est-il du lien entre le judaïsme et l’universel, dès lors que le judaïsme ne peut pas , ne peut absolument pas être laïque sans s’éteindre (sans devenir sous une forme ou une autre chrétien) et qu’on reconnaît le Juif à l’impossibilité d’échapper à Dieu ?

On sait comment Benny Lévy a tranché la question. Le résultat est d’une certaine manière et cette expression paraîtra surprenante ou inadaptée, profondément voltairien. Il faut cultiver son jardin et pour le Juif, le jardin, le Pardes, c’est l’étude de la Tora et l’accomplissement des mitsvot. Et c’est encore mieux, si cette voie de retour vers le beit ha-midrash est vécue et éprouvée à Jérusalem. C’est en tout cas ce qui ressort des dernières adresses de Benny Lévy : se libérer de l’Europe, de la conscience européenne du Juif imaginaire et consacrer ses forces ou ce qu’il en reste au travail sérieux du pharisien, l’étude talmudique.

Mais alors qu’en est-il des autres, de tous les autres qui, malgré une période de réveil planétaire de la religiosité ne vivent pas leur judéité, leurs nombreuses attaches au judaïsme avec le sérieux et la constance des étudiants de yeshiva et traînent à des degrés divers une bonne dose de marranisme ? « Qu’ils aillent au diable ! Ou tant pis pour eux ! » Est une réponse courte et blessante, car le judaïsme est depuis longtemps un spectre d’attitudes spirituelles, intellectuelles, historiques diverses, sans être pour autant une auberge espagnole ou un foyer de confusions. Quelle est donc la part qui est dévolue par Benny Lévy à tous ces autres ? Œuvrer sans états d’âme en faveur d’Israël, soutenir le droit des Juifs de l’intérieur (du texte et de la maison), de l’intériorité exigeante de la Tradition, à étudier en paix, espérant que Sion soit à nouveau une source de lumière pour les Nations. « Je comprends très bien qu’un Juif qui peut avoir la berakha d’une très grande richesse  et qui peut, grâce à cette richesse, aider énormément et le yichuv d’éretz Israël et les institutions, puisse rester là[7](En Europe)

Ici Benny Lévy fait un pas, un pas que n’ont pas accompli de nombreux Juifs religieux, orthodoxes ou hassidiques, dans le vaste monde de la diaspora, qui est de lier la terre d’Israël à la volonté de Dieu et non plus au sionisme politique et nationaliste des pères fondateurs . Et ce pas, on le sait, déplace infiniment de choses.

Triade de Benny Lévy : sortir de l’Europe, parce que l’être juif est dans l’impossibilité d’échapper à Dieu, contrairement à ce qui semble désormais être la vocation de l’Europe et se consacrer à l’étude des vieux textes sur la terre sainte donnée par le Bon Dieu.

Ici se fait jour une grande réserve sur la voie « exemplaire » de Benny Lévy qui nous fait regarder la voie « mutilée », marrane de tous les autres avec plus de sympathie. Réserve sur son intransigeance, son refus de pactiser, de compromettre la parole juive avec les bibliothèques de l’universel occidental, avec le labyrinthe, comme aurait dit Borges.

Car, au bout de ce retour orthodoxe à la tradition, de ce retour qui est une forme de rupture avec les bibliothèques illusoires, qui sont à ses yeux des empilements de livre inutiles et interchangeables, le Juif reste seul, aussi seul que le papou ou le cannibale des Iles Salomon avant l’arrivée des bateaux. D’autre part, on ne peut taire le fait que c’est un juif orthodoxe, un juif nourri par les commentaires rabbiniques, un juif inspiré par les vieux textes, qui a assassiné un premier ministre israélien qui tentait de mener son peuple vers cet incroyable temps messianique «  où les juifs peuvent enfin étudier en paix sur leur terre », ni tenir pour anecdotique et mineur le massacre du caveau des Patriarches par le fanatique Goldstein.

Aussi bien , la guerre sans répit ni apaisement ou résolution dialectique entre la philosophie grecque (disons pour faire vite, tout le champ de la rationalité que Husserl a rassemblé dans ses conférences) et la pensée (ou le sensé) biblique, guerre que Benny Lévy fait remonter à la lutte des Hasmonéens contre les profanateurs hellénisés du Temple, est-elle à penser sous cette perspective : qu’en est-il de l’étude, de la paix, de la terre, quand on essaie de les conjoindre, de les lier ? Et si personne ne peut se soustraire à cette question, on voit bien que les réponses ne sont pas univoques. L’étude, la terre, la paix, tout est là, dans ces trois termes qui ont leurs propres forces, leurs propres énergies, et qui sont loin, très loin, de se fagoter harmonieusement. On peut même mesurer à quel point ces trois forces sont « ennemies », tirant le centre de gravité de l’ensemble dans tous les sens, au gré des provisoires victoires de l’une ou de l’autre. Ces trois forces requièrent les Juifs et les non-Juifs, leurs jointures et leurs frictions parfois terribles interpellent l’humanité entière. C’est une équation difficile pour l’humanité entière !

On peut en tout cas savoir gré à Benny Lévy de nous inviter à la méfiance envers une idée européenne extensive qui a troqué les vieilles icônes de la nation et de la race contre celles, plus séduisantes et « universalistes » de métissage, de multiculturalisme, de communauté des nations, et qui prétend avoir mis fin politiquement à l’antagonisme intense de l’étude, de la paix et de la terre. L’Europe en est si fièrement convaincue qu’elle reproche aux autres peuples durablement empêtrés dans le conflit leur antiquité ou leur arrogance juvénile. Benny Lévy ne se faisait guère d’illusions sur cette conviction. L’oubli de l’intensité, de la singularité ne mène pas au shalom. Il ne sert à rien de courir derrière des chimères d’apaisement, alors que les manifestations pacifiques contre la guerre en Irak ont à nouveau mis hors-jeu de tout butin moral les Juifs. Et l’on voit bien, aussi, que le recul relatif des haines nationales au fur et à mesure que le puzzle géoéconomique de l’Europe élargit ses frontières extérieures n’interdit pas et par certains côtés exalte les haines, les ressentiments et les inimitiés entre les citoyens de l’intérieur.

L’Europe est encore, de ce point de vue, une bibliothèque d’illusions …Toutefois, elle commence à s’interroger de son côté sur son identité sans juifs, sans judaïsme, sans littérature yiddish et hébraïque. Elle le fait désormais autrement qu’en célébrant l’événement d’Auschwitz, autrement qu’en se donnant une bonne morale par la repentance. Il n’est pas étonnant que cet intérêt positif envers les nombreuses dimensions du judaïsme ressuscite dans les parties orientales de l’Europe (La Tchéquie, la Hongrie, la Pologne) qui ont connu les affres du bolchevisme après avoir vu disparaître dans les camps nazis l’essentiel de leur population juive.

Dans une certaine mesure, l’être « marrane » européen, à la différence de l’être juif israélien de Benny Lévy, est celui qui continue d’alimenter sa conscience en arguments glanés sur le champ des contrariétés, des objections, des disputes de la trame historique et philosophique de l’Occident. Et il persévère dans cette voie, en refusant le caractère commode et factice d’une innocente partition du sujet croyant et du sujet politique, clé de voûte de la laïcité chrétienne européenne et en s’obstinant à interroger la triade étude-terre-paix, sans dissocier le point de vue des Juifs de celui de l’humanité entière.

Claude Corman
 

[1] Benny Lévy, La confusion des temps, Editions Verdier P37

[2] Ibid. P 56 : Benny Lévy : «  (…Cette idée m’a conduit…) à soupçonner derrière toutes les propositions laïques les clochers des églises. Alors imaginez que j’arrive à Jérusalem,et que j’apprends que le consul de Jérusalem, représentant de la France à Jérusalem, est responsable, au titre de fils aîné de l’Eglise, de tout le patrimoine chrétien et qu’il est tenu de faire une messe solennelle avec des habits spéciaux ! Autrement dit, si l’on veut avoir la vérité ouverte de ce qu’est l’Etat laïque, il faut aller au bout du territoire…

[3] « Rise in religious fervor » par Laurie Goodstein (15 Janvier 2005)

[4] « La confusion des temps » P 69

[5] Ibid P36

[6] Les Juifs hassidiques de Montréal et du Québec (je ne parle pas de tous les autres juifs québécois qui ont un rapport singulier et personnel à l’identité juive) n’envisagent pas leur retour en Israël comme une obligation spirituelle.

[7] Ibid P 36



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