Revue d’idées et d’opinion

 
Pour me rapprocher 
de tous les autres, 
la distance 
qui me sépare de moi-même.

 
 










 


 

 

numéro 10 - 11 

La moustache du pouvoir
par Noëlle Combet

L’année passée se balance aux branches

Comme les pendus.

On a rasé la moustache du pouvoir :

les pendus tombent des arbres,

courent vers les bois exténués,

l’herbe se recroqueville,

les oiseaux se taisent,

une laie grogne au loin ;

les glands craquent sous les pas ;

deux geais se disputent.

Dans la cité, des enfants s’élancent, violence au poing.

Les souris ont semé les dents de lait.

La moustache du pouvoir a repoussé

en invisible quadrature ;

les mille yeux du pouvoir évaluent,

spéculent,

jaugent la performance.

Les hommes deviennent des chiffres.


Les branches sont encore stériles de l’année à venir.




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